L. Szondi


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6.  1.  3.  Le point de vue ontogénétique et la théorie des circuits                pulsionnels. 

 

 

En 1975, Jacques SCHOTTE[1] a proposé de généraliser aux quatre vecteurs du schéma la notion de circuit pulsionnel (Triebesumlaufsbahn) que SZONDI avait introduite[2] pour le seul vecteur Sch. 

Cette notion de circuit, chez SZONDI lui-même, renvoie à deux idées:   d'une part que la normalité ou la santé mentale est liée à une certaine mobilité de la vie pulsionnelle par opposition à la pétrification dans certains clivages ou dans certaines structures rigides qui caractérisent le pathologique. D'autre part, la notion de circuit évoque l'idée d'un ordre de complexité croissante entre les différentes fonctions du moi. 

Le circuit proposé par SZONDI est le suivant:  

                                                3) k +                  2) p +

 

 

 

                                                4) k -             1) p -

--------------------------------------------------------------------------------                     

                                                                           

                                                        

Ce circuit en forme de point d'interrogation pose un problème. 

Selon SZONDI il est actualisé par le déroulement habituel d'un traitement analytique ou psychothérapeutique où on suppose que "tout contenu psychique est successivement traité dans la vie du moi selon l'ordre hiérarchique des fonctions dites de défense".  .  .  Le contenu apparaîtrait d'abord sous forme projective (p - ) comme s'il venait de l'extérieur, puis il ferait l'objet d'une prise de conscience (p + ) qui permettrait d'en assimiler la représentation.  A la prise de conscience succéderait l'introjection (k + ) d'une partie des contenus assimilés par la conscience et enfin, la partie non introjectée serait refoulée (k - ). 

 

Par exemple, si un sujet éprouve un attrait homosexuel, il l'expérimente d'abord sur le mode de la sensation éveillée par un objet, homosexuel en l'occurence, venu du monde extérieur.  Ainsi identifie-t-il projectivement - c'est le sens de ce que les kleiniens appellent "identification projective" - son penchant homosexuel, autrement dit, il en fait l'expérience originaire sur le mode projectif (p-).  Dans un deuxième temps, si on suit l'opinion de SZONDI, il prend conscience (p+) de son désir homosexuel.  Dans un troisième temps, il lui faut prendre position (k:   "le moi-qui-prend-position": "Das Stellungnehmende Ich").  Il introjecte (k+) certains traits singuliers ( "Einzige Zuge", l'expression est de FREUD) propres à l'objet homosexuel,  et en élimine (k - ) d'autres par la négation (Verneinung), le refoulement (Verdrängung) ou la condamnation. 

Lorsqu'il produit ce type de circuit, SZONDI invoque nommément l'évolution plus rationnelle que classique du processus analytique:   le sujet actualise ses fantasmes de désir dans la relation transférentielle, ce qui correspond effectivement à un mouvement d' "identification projective" (p - ), ensuite, idéalement, il "identifie" son désir en le conscientisant (p+), enfin il le perlabore, fait la part des choses, en garde une part, l'introjecte ou l'incorpore (k +) et refoule ou, s'il le peut, fait le deuil (k - ) du reste. 

Un tel schéma peut bien refléter le mouvement global apparent de la cure analytique mais il se trouve en contradiction avec les données génétiques ou développementales révélées par l'empirie.  La tendance à la prise de conscience du désir (p+) n'apparaît jamais que secondairement à la tendance négatrice (k - ).  Autrement dit, on dit toujours non avant de dire oui, ou bien le oui n'est vraiment un oui que s'il succède à un non.  Ce que les philosophes ont toujours su:   "Omnis negatio est affirmatio".

D'un point de vue génétique, si, au moins pour ce qui concerne notre culture, la tendance négatrice-rationnelle (k - ) s'affirme de mieux en mieux tout au long de la période de latence (entre 6 et 10 ans), la prise de conscience du désir (p +:   das Wunschesbewusstwerden) ne prend une certaine ampleur que dans la phase tardive de l'adolescence[3]

D'autre part, il y a de bonnes raisons de penser que l'ontogenèse du moi se réalise selon le schéma proposé par Susan DERI[4]:  

Sch:

1.  (o -)                indistinction du moi et de l'autre (avant  un an)

2.  (+ -)                toute-puissance magique-autistique (pré-oedipe)

3.  (± -)                phase de turbulence (âge oedipien)             

4.  (- -)                 période de latence

5.  (- o)                début de l'adolescence

6.  (- +)                adolescence

 

Le sujet se découvre d'abord dans son semblable ou son image en miroir, ce qui corespond au mécanisme de l'identification projective (Sch  o - ), ensuite il introjecte cette image (k +) pour en faire le noyau de son moi idéal (Sch + - ), instance d'essence corporelle douée de toute-puissance magique. 

 

Ainsi se constitue le narcissisme primaire au sens strict du terme, par l'investissement privilégié de l'objet-moi produit au départ de l'image spéculaire, ce que le mythe de Narcisse illustre assez bien. 

Cette imago narcissique primaire qui résulte en fait d'une séduction, créant chez le sujet l'illusion qu'il est le centre du monde et l'objet exclusif du désir de l'autre ou bien, ce qui revient au même, l'objet - le phallus - qui manque à l'autre,

cette imago va nécessairement subir une déflation sous le double impact de la révélation de la différence des générations - "Tu n'es encore nulle part!    " - et des sexes:   "Il te manque quelque chose ou il y a quelque chose que tout le monde n'a pas et dont tu pourrais être privé". 

La réaction k - qui oppose (par?) la négation et le refoulement à l'affirmation et à l'introjection (k+ ) assure une fonction de transformation au sens paradoxal de l'Aufhebung, c'est-à-dire d'une mutation où la suppression de l'ancien état n'implique pas sa destruction pure et simple mais assure au contraire sa conservation sous une espèce nouvelle; l'Aufhebung remplit la double fonction de destituer le narcissisme primaire par l'auto-critique - naissance du surmoi - tout en sauvant ce même narcissisme par la négation des injures faites au premier moi idéal (Sch + - , + o ) et le transfert de la libido narissique primaire sur l'instance secondaire de l'idéal du moi (p + ) que le  sujet "projette en avant de lui comme l'héritier du narcissisme  perdu de son enfance; en ce temps-là il était pour lui-même son propre idéal. [5]

Or, "derrière cette instance de l'idéal du moi se cache la première et la plus importante de toutes les identifications, celle au père de la préhistoire personnelle, identification immédiate, antérieure à tout choix d'objet.  .  .  "[6]

 

La prise en compte de ce point de vue amène à considérer que l'identification "primordiale" au père des origines (Urvater), prototype du Surmoi et du Surhomme (Uberich, Ubermensch) est à situer aussi bien à l'origine (arch) qu'à la fin (teloz) du devenir-soi, comme imago archaïque (Urmensch) et modèle téléologique (Übermensch) du devenir-homme. 

Cette remarque est très importante parce qu'elle souligne combien le point de vue génétique est subordonné au point de vue structural qui l'englobe conformément au principe de la réversibilité ontico-ontologique,

 

ce qui veut dire que du point de vue ontologique, dans l'ordre de l'être, la position p+ se situe à l'origine du circuit, tandis que du point de vue ontique, dans l'ordre de l'étant, p +  se trouve au stade terminal du développement et du circuit du moi, ce qui donne son sens à la maxime goethéenne:   "Deviens ce que tu es !   

L'identification finale (secondaire) au père relaie l'identification primaire, originaire. 

On comprend par là que dans l'ordre ontique (développemental), du fait de la prématurité et de la néoténie qui caractérise spécifiquement l'être humain, le processus identificatoire débute et s'ancre dans la projection primaire ( p - ) qui consiste à situer l'idéal de toute-puissance du moi dans un autre extérieur concret investi de cette toute-puissance, autre dont le sujet "participe" (p - ) comme FREUD le montre dans "Psychologie collective et analyse du moi"[7], l'autre pouvant être incarné, dans les exemples donnés par FREUD, par le chef, l'hypnotiseur, l'objet d'énamoration mais aussi bien la mère .

 

Si l'introjection (k+) consiste à incorporer en tout ou en partie l'objet d'amour idéal dont le sujet participe (Sch + - ), la négation et le refoulement (k - ) se font au nom d'une instance supérieure, celle du Surmoi-Idéal du Moi (Sch  - + ) qui appelle à la désexualisation et au deuil de l'objet originaire, avec, comme corollaire, l'orientation de la libido en direction des objets extérieurs et l'abandon du narcissisme primaire (corporel) au bénéfice du narcissisme secondaire (spirituel). 

 

On obtient donc un circuit du moi en forme de huit renversé:  

 

 

                                              

2.   k +

4.   p +

3.   k   -

1.   p -

 

 

 

SCHOTTE propose de généraliser la notion de circuit aux quatre vecteurs pulsionnels:  

 

 

                     S                               P                           Sch                           C

 

             h+           s+                e+          hy+             k+         p+             d+         m+

 

             h -           s -               e -          hy -             k -         p -             d -         m -

 

 

 

A l'intérieur de chaque vecteur, un ordre de succession est introduit entre les quatre pôles constitués par les positions positive et négative de chaque facteur. 

Les circuits introduisent une asymétrisation entre les deux facteurs de chaque vecteur.  Désormais il existe dans chaque vecteur un facteur - dit directeur (m, h, e, p) - dont la dialectique interne est médiatisée par l'autre.  Le passage de la première à la dernière position du circuit se fait par l'intermédiaire du second facteur qui sert de médiateur (d, s, hy, k). 

Enfin les circuits introduisent une dimension temporelle, progrédiente, dans la lecture du schéma et des positions, là où SZONDI en avait proposé un ordonnancement exclusivement spatial. 

La lecture génétique que nous envisageons désormais est évidemment une exploitation de cette dernière propriété. 

Si chaque circuit est le reflet de l'ensemble du schéma, réciproquement, la lecture périodique, qui repose sur l'ordre séquentiel C-S-P-Sch, se trouve complétée ou enrichie, l'ensemble du schéma pouvant désormais aussi être l'objet d'une lecture "en circuit". 

Cela signifie que les relations que les vecteurs entretiennent entre eux dans le schéma sont homologues aux relations qu'entretiennent entre elles les positions à l'intérieur d'un vecteur. 

L'introduction des circuits fait du schéma pulsionnel une structure à deux niveaux, caractéristique qui se révèle fondamentale pour nos développements actuels, aussi bien d'un point de vue théorique que dans les applications qui en sont faites dans la démarche interprétative au niveau des résultats du test.   Le double niveau des circuits permet d'introduire les 16 positions pulsionnelles dans un tableau à double entrée, qui les présente en séries (C:    m+ d - d+ m - ) et en niveaux (1:    m+ h+ e - p - ) , évoquant quelque chose d'analogue au tableau périodique des éléments conçu par MENDELEEV:  

 

 

 

                                    1                       2                     3                      4

 

 

             C                    m+                    d -                   d+                    m -

 

             S                     h+                     s -                   s+                    h -

 

             P                     e -                     hy+                  hy -                  e+

 

             Sch                 p -                     k+                   k -                    p+

 

 

 

 

 

Tentons maintenant de décrire très brièvement les caractéristiques des différents niveaux représentés par les colonnes du tableau, pour lesquels nous supposons qu'ils se trouvent disposés dans un ordre de complexité croissante. 

 

 

Niveau 1 et vecteur Contact. 

 

Le niveau 1 concerne un sujet essentiellement dépendant, à tous points de vue, tributaire de ce qui se passe dans son environnement, par conséquent susceptible d'être facilement frustré si l'entourage ne répond pas à son attente. 

 

 

 

 

Niveau 2 et vecteur Sexuel. 

            

Les secondes positions des circuits correspondent à un moment de rebroussement auto-érotique dans le fantasme[8]; c'est un moment spéculaire, imaginaire.  En ce sens il marque une première autonomisation par rapport aux positions précédentes. 

Si  au niveau 1 prévaut l'idée d'environnement ou de milieu, au niveau 2 apparaît la notion d'objet, en particulier le corps perçu comme totalité objectivée, isolée du fond, dans le champ visuel, ce qui souligne la dimension imaginaire de la catégorie de l'objet parce que avec l'objet, il s'agit avant tout de l'investissement d'une image, l'image du corps narcissique. 

 

 

 

 

Niveau 3 et Vecteur P. 

            

Au niveau 3, le sujet s'arrache à l'autocomplaisance de la position 2, sous l'impact de la loi:    privation , exclusion et interdiction.  Le passage de 2 à 3 met en jeu une opération de négation des investissements d'objets conçus dans la position deuxième où prévaut la dimension fantasmatique.  Le processus de contre-investissement, contre-partie obligée du refoulement, donne accès à des objets extérieurs, cette fois réellement autres.  La position 3 est définie comme position légaliste-réaliste-rationnelle. 

 

 

Niveau 4 et vecteur Sch. 

 

Le niveau 4 marque l'entrée en scène du sujet en première personne:   sujet en projet, sujet désirant, sujet de sa propre parole. 

C'est le temps de l'autonomisation maximale du sujet, autonomisation qui prend une tournure pathologique (psychotique) si elle est corrélative d'une rupture avec l'environnement. 

Le niveau 4 est aussi potentiellement le niveau de la sublimation et de la création où le sujet projette d'être libre et responsable de son destin conçu comme histoire à faire. 

xxx

6.  1.  4.  La lecture périodique des circuits pulsionnels[9]

L'interprétation tient compte ici de la direction de sens,  progressive ou régressive, que prend dans chaque vecteur,  le travail sur la pulsion,  en accord avec la théorie des circuits pulsionnels,  qu'elle exploite selon sa logique propre. 

 

Chaque vecteur connaît ainsi quatre périodes désignées par des chiffres romains,  suivant que le facteur le plus chargé en + ou en - ,  appelé dominant,  appartient à tel ou tel niveau - ou période - du circuit. 


 

Tableau périodique des clivages pulsionnels

 

                           C              S        P                      Sch

 

 

d

m

h

s

e

hy

k

p

I

1

o

+

+

o

-

o

o

-

 

2

-

+

+

-

-

+

+

-

 

3

+

+

+

+

-

-

-

-

 

4

±

+

+

±

-

±

±

-

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

o

±

±

o

±

o

o

±

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II

1

-

o

o

-

o

+

+

o

 

2

-

+

+

-

-

+

+

-

 

3

-

-

-

-

+

+

+

+

 

4

-

±

±

-

±

+

+

±

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

±

o

o

±

o

±

±

o

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III

1

+

o

o

+

o

-

-

o

 

2

+

+

+

+

-

-

-

-

 

3

+

-

-

+

+

-

-

+

 

4

+

±

±

+

±

-

-

±

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

±

o

o

±

o

±

±

o

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IV

1

o

-

-

o

+

o

o

+

 

2

-

-

-

-

+

+

+

+

 

3

+

-

-

+

+

-

-

+

 

4

±

-

-

±

+

±

±

+

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

o

±

±

o

±

o

o

±

 

 

Par exemple, dans le vecteur du Contact (C), si m+ est une position occupée de manière stable et quantitativement supérieure à d+ ou d-, on pose en principe qu'on se trouve dans la première période du circuit du Contact; si d- domine, on est dans la deuxième période et ainsi de suite, la quatrième période impliquant que la position dominante est m-. 

Le facteur dominant peut être qualifié de modulant en ce sens qu'il régule, détermine, module le sens que prend la réaction complémentaire, la réaction d dans l'exemple choisi ici. 

Suivant que la réaction en d est nulle (o), négative (-), positive (+) ou ambivalente (±), la réaction m+ restant dominante-modulante, on considère qu'on est dans les temps - ou moments ou stades - premier (C o+), deuxième (C -+), troisième (C ++) ou quatrième (C ±+) de la première période du circuit de la pulsion du Contact. 

 

Nous choisirons pour illustrer le principe qui préside à cette manière d'interpréter l'exemple bien connu que FREUD utilise au chapitre VII de la Traumdeutung pour introduire les notions d'appareil psychique et d'accomplissement de désir (Wunscherfüllung)

xxx

Le plus simple est de le citer:  

 

D'abord les grands besoins du corps apparaissent.  L'excitation provoquée par le besoin interne cherche une issue dans la motilité que l'on peut appeler "modification interne" ou"expression d'un changement d'humeur".  L'enfant qui a faim criera désespérément ou bien s'agitera.  Mais la situation demeure la même; car l'excitation provenant d'un besoin intérieur répond à une action continue et non à un heurt momentané.  Il ne peut y avoir changement que quand, d'une façon ou d'une autre ( dans le cas de l'enfant, par suite d'une intervention étrangère), l'on acquiert l'expérience de la satisfaction qui met fin à l'excitation interne. 

Un élément essentiel de cette expérience, c'est l'apparition d'une certaine perception (l'aliment dans l'exemple choisi ) dont l'image mnésique restera associée avec la trace mémorielle de l'excitation du besoin.  Dès que l'excitation se représentera, il y aura, grâce à la relation établie,  déclenchement d'une impulsion (Regung) psychique qui investira à nouveau l'image mnésique de cette perception dans la mémoire, et provoquera à nouveau la perception elle-même, c'est-à-dire reconstituera la situation de la première satisfaction.  C'est ce mouvement que nous appelons désir ; la réapparition de la perception est l'accomplissement du désir, et l'investissement total de la perception à partir de l'excitation du besoin est le chemin le plus court vers l'accomplissement du désir.

  Rien ne nous empêche d'admettre un état primitif de l'appareil psychique où ce chemin est réellement parcouru et où le désir, par conséquent, aboutit en hallucination.  Cette première activité psychique tend donc à une identité de perception, c'est-à-dire à la répétition de la perception, laquelle se trouve liée à la satisfaction du besoin. 

 

Une dure expérience vitale doit avoir transformé cette activité psychique primitive en une activité mieux adaptée secondaire.  L'identité de perception obtenue par la voie régrédiente rapide, intérieure à l'appareil, n'a pas d'autre part les conséquences qui sont reliées à l'investissement, depuis l'extérieur, de cette même perception.  La satisfaction ne se produit pas, le besoin continue.  Il n'y a qu'un moyen de rendre cet investissement interne équivalent à la perception extérieure:   c'est de le maintenir d'une manière permanente, continue; c'est ce que réalisent les psychoses hallucinatoires et les fantasmes des inanitiés, où l'activité psychique s'épuise à retenir l'objet désiré.  Pour obtenir un emploi mieux approprié de la force psychique, il est nécessaire d'arrêter la régression dans sa marche, en sorte qu'elle ne dépasse pas l'image-souvenir, et qu'on puisse à partir de là chercher d'autres voies qui permettent d'établir, de l'extérieur, l'identité souhaitée" (Traduction française, pp.  481-82). 

 

Voilà posée la dichotomie essentielle dans la théorie freudienne entre principe de plaisir et principe de réalité, processus primaire et secondaire, identité de perception et identité de pensée. 

 

Lorsque l'enfant est au sein ou que le sein est à portée, immédiatement disponible, le besoin d'accrochage à la mère peut varier en intensité - de m+ à m+!    !    !     - mais la question du manque d'objet ne se pose pas parce que les choses se passent comme si l'enfant ne doutait absolument pas que l'objet, réel en l'occurence, soit à tout instant disponible.  Si l'objet vient à manquer, l'enfant manifestera son besoin du sein par de l'agitation, des cris.  .  .  et, comme le note très justement FREUD,  ce qui va se modifier, c'est avant tout son humeur.  Bien que le terme utilisé par FREUD soit ici, non pas Stimmung  mais Gemüt,   c'est bien de la manière basale de "se trouver" - bien ou mal -, de la Befindlichkeit, qu'il s'agit, et c'est de cela qu'il est question dans le vecteur du Contact. 

C'est seulement dans le temps second de la première période du circuit du contact (C-+) que , "retenant" (d-) du sein réel l'engramme re-présentatif de celui-ci,  l'enfant pourra halluciner le sein et obtenir la satisfaction auto-érotique.  Autrement dit le passage en (d-) implique l'entrée en jeu du travail de la re-présentation, le rebroussement dans le fantasme qui sous-tend la satisfaction auto-érotique. 

 

Le deuxième temps de la première période du contact (C-+, I 2 ) peut être qualifié suivant les cas d'hallucinatoire, auto-érotique, narcissique ou imaginaire.  C'est un temps régulé par le principe de plaisir.

 

Dans un troisième temps, l'échec de la satisfaction hallucinatoire d'une part, la nécessité imposée par la réalité - le "Not des Lebens" - ou l'autorité d'autre part, vont pousser l'enfant à rechercher dans la réalité (d+) un objet de remplacement - un "Ersatz" - susceptible de lui permettre de retrouver une satisfaction analogue à la satisfaction première. 

Tant que le souhait de retrouver cette satisfaction-là domine la vie pulsionnelle, on ne sort pas de la première période, dominée par la tendance m+. 

Ainsi, la réaction ( C ++ , I 3 ),  est celle d'un sujet qui est perpétuellement en quête d'un objet de la réalité extérieure qui pourrait lui rendre le "bonheur perdu". 

Ce troisième temps de la première période du circuit du Contact peut être qualifié tantôt de réaliste, objectal, "nécessiteux" ou illusoire, mais toujours mû par le principe de réalité au sens où l'entend FREUD. 

C'est parce que l'objet premier, le sein réel, est à jamais perdu et ne peut être retrouvé ni dans l'hallucination ni à travers ses innombrables Ersätze, qu'un quatrième temps vient à succéder aux trois premiers. 

Dans ce quatrième temps ( C±+, I 4), le doute s'installe quant à la possibilité de trouver jamais un objet qui permettrait de retrouver la satisfaction première et plénière.  L'objet est perdu pour de bon.  

L'ambivalence survenue dans la quête de l'objet (d±) provoque éventuellement la crise ( C ±± > C o± ) qui aboutit à remettre en cause le principe même de l'idéal de  satisfaction première et l'objet qui en était porteur, c'est-à-dire, in fine, la mère originaire, l'Urmutter

 

Si le sujet poursuit son évolution dans le cycle de la pulsion du Contact, il entre dans la deuxième période, dont le premier temps est caractérisé par le repli narcissique sur le corps propre. 

Si, comme nous l'avons fait pour la première période en invoquant le rapport mythique au sein, nous tenons ici pour paradigme l'installation dans la phase anale du développement libidinal,

 

nous nous représentons le premier temps de la deuxième période ( C -o ,  II 1) comme le moment où l'enfant fait imaginairement corps avec ses selles vécues comme prolongement narcissique du corps propre, produit précieux entre tous, comme l'avare fait corps avec sa cassette, la mère avec son enfant, le père avec sa famille, l'ouvrier avec son travail, l'artiste avec son oeuvre, l'homme avec sa patrie, sa religion, ses idées etc.  .  . 

  Le deuxième temps (C -+ , II 2 ) où (d-) régule ou module (m+), correspond au besoin de renouer le contact avec le monde environnant, la suffisance narcissique qui caractérise la position  (C – o) étant devenue aussi intenable que l'était  le (C -+) de la première période.  On voit bien ici que, selon qu'on se trouve dans la deuxième ou la première période du circuit du contact, la même réaction (C -+) reçoit des acceptions différentes voire radicalement opposées.  C'est là une des difficultés majeures de l'interprétation du test de Szondi; on le comprend facilement à partir de cet exemple. 

xxx

C'est parce que la "demande à l'autre" ou  le "désir du désir de l'autre" échoue d'une manière analogue à ce qui s'était produit dans la quête d'un objet de remplacement (C++) que le sujet en vient éventuellement à se dire qu'il ferait mieux de se passer des autres et de se retirer du monde ( C - -,  II 3),

 

 le doute surgi sur la question du rapport au désir de l'autre (m±), confondu ici avec le rapport au monde - "le monde s'en fout, que j'y sois ou que j'y sois pas"! - ce doute sur la question du rapport au monde, de son importance, de sa valeur ou de sa nécessité, introduit le sujet dans le temps quatrième de la deuxième période (C -± , II 4). 

 

Nous pourrions prolonger ces considérations jusqu'au bout et fournir les exemples les plus illustratifs possibles pour les quatorze périodes suivantes. 

Nous espérons avoir été suffisamment claire pour que notre démarche soit comprise lorsque nous utiliserons cette méthode.  

 

Disons encore que conformément à cette théorie, les positions les plus spécifiques sont, selon les périodes, pour chacun des vecteurs:  

•      C I 1 càd C o+

•      S II 2 càd S +-

•      P III 3 càd P +-

•      Sch IV 4 càd Sch ±+

ce qui pourrait se traduire de la manière suivante:   un sujet n'est jamais autant "dans" la position contactuelle qu'en C o+, sexuelle qu'en S +-, éthico-morale qu'en P +- et subjectale qu'en Sch ±+. 

 

Le temps quatrième de chaque période est toujours, comme nous espérons l'avoir fait comprendre, le moment où le sujet fait retour sur lui-même, se pose des questions sur ce qui vient à lui faire problème dans un champ particulier, y réfléchit, bref en vient à se poser comme "sujet de" la pulsion autant que "sujet à" la pulsion, voire "sujet contre" (gegen) la pulsion, ce qui nous induit à retenir pour caractériser ce moment le qualificatif de "subjectal",

e troisième temps pouvant être rétrospectivement qualifié d'"objectal", le deuxième de "narcissique" et le premier de "pré-objectal", d'autres qualifications restant possibles à la condition de s'en tenir à des corps de concepts homogènes ou homologues, telle que , par exemple, la série posée par FREUD dans son étude sur Schreber:  

auto-érotisme>narcissisme>homosexualité>hétérosexualité;

ou ailleurs:  

principe de constance>principe de plaisir>principe de réalité>au-delà du principe de plaisir;

moi-réalité du début ( Anfangs-Real-Ich ) > moi-plaisir (Lust-Ich ) > moi-réel (Real-Ich) > moi-réalité-définitif (Endgultiges Real-Ich).  .  . 

 

xxx

 

6.  1.  5.  Positions et destins pulsionnels. 

 

 

La théorie des circuits invite à penser qu'il existe une affinité entre les positions - les réactions - pulsionnelles qui dans chaque vecteur occupent un rang identique. 

La question se pose de savoir ce qu'ont en commun les positions:  

 

1

C

m+

h+

e-

p-

2

S

d-

s-

hy+

k+

4

P

d+

S+

hy-

k-

4

Sch

m-

h-

e´+

p+

 

On peut dire, par exemple, que (e -)  est la position contactuelle-thymique du vecteur P, que k - est la position névrotique-adaptative-réaliste-légaliste du vecteur Sch etc.  .  .   mais il faut pouvoir ressaisir ce qui spécifie au mieux ces quatuors. 

 

Jean MÉLON a proposé de les mettre en rapport avec la notion de destinée pulsionnelle[10] telle que FREUD l'a promue dans "Pulsions et destins des pulsions" (Triebe und Triebschicksale)[11] , sans développer ce thème plus avant.   On sait bien que FREUD avait le projet, en rédigeant sa "Métapsychologie", de développer une série de thèmes, notamment celui de la projection et de la sublimation, mais finalement il n'a repris que la question du refoulement et de son rapport constitutif à l'inconscient et il a orienté la question du narcissisme vers celle de la mélancolie.   Il ne fait aucun doute que dans son article inaugural -"Pulsions et destins des pulsions" - il se promet d'aborder les questions les plus difficiles, celle de la projection, proche du "renversement dans le contraire", celle du narcissisme qui a affaire avec "le retournement contre la personne propre" et celle de la sublimation, mais finalement, fidèle à sa prudence habituelle, il ne traite que de ce qu'il connaît bien, la névrose, le refoulement et l'inconscient, avec une percée du côté de ce qui fait la ruine du narcissisme, la mélancolie. 

 

C'est une des vertus les plus éminentes du système szondien que de permettre l'élaboration conséquente d'une série de concepts que FREUD a seulement esquissés en se limitant à suggérer qu'ils faisaient probablement partie d'une série conceptuelle homogène mais sans être à même de justifier ni de légitimer le sens de pareils regroupements. 

 

Il n'empêche que c'est là que le génie de FREUD se manifeste à l'état pur:   ce qu'il rassemble, c'est ce qui d'une certaine manière tient ensemble (zusammenhängt)

Nous avons vu que c'était le cas pour les fantasmes originaires. 

On peut tenter de faire la même chose, au moins à titre heuristique, pour les destinées pulsionnelles.   Nous poserons donc qu'il existe une affinité certaine entre les positions:  

 

1 C  et le "renversement dans le contraire" (Die Verkehrung ins Gegenteil)

 

2 S  et le "retournement contre la personne propre" (Die Wendung gegen die                       eigene Person)[12]

 

3 P  et le "refoulement" (Die Verdrängung)

 

4 Sch  et la "sublimation" (Die Sublimierung). 

 

Les positions premières sont celles, comme il a déjà été dit plus haut, où le sujet est le plus dépendant de l'environnement, où le besoin d'un contenant, d'une enveloppe, d'un étayage, d'un support, d'un pare-excitation etc.  .  .    est le besoin majeur.  On peut invoquer ici les notions promues par Michaël BALINT d' "amour primaire" (Primary Love)[13] et de "défaut fondamental" (Basic Fault) [14], ou encore la "névrose de base" (orale) d'Edmund BERGLER[15], pour comprendre ce qui est ici en question:   le besoin d'accrochage (m+), d'amour exclusif (h+), la rage (e - ) liée à la frustration, et la projection (p -) comme défense la plus économique mise en acte dans les situations d'extrême  détresse (Hilflösigkeit)

La détresse est en effet ce qui menace si l'objet de soutien, que SZONDI a si justement nomé "Haltobjekt", vient à manquer[16]

Le "renversement dans le contraire" concerne avant tout les renversements thymiques de l'humeur (euphorie versus dépression, m versus d) mais plus fondamentalement le renversement de l'amour en haine, c'est en tout cas ce que suggère la trame de l'article de FREUD ("Pulsions et destins.  .  .  "), la défense par la haine étant ce qui domine le fonctionnement psychique le plus rudimentaire caractérisé par une faible autonomie et une faible différenciation du moi. 

 

Les positions deuxièmes correspondent, conformément à notre traduction de "Wendung gegen.  .  ", au  "virage" de la libido "à l'endroit de" la personne propre, c'est-à-dire au "revirement" narcissique tel que FREUD l'a décrit dans "Pour introduire le narcissisme" (1914), virage que LACAN a magnifié dans son "stade du miroir"(1937). 

Le sujet adopte une position auto-érotique conservatrice (d -) qui est fortement marquée de rétentionnisme anal, en même temps qu'il s'éprend de son double - son image spéculaire -, produit dans la scène de séduction originaire (s - ); il reste fixé à cette scène, tend à la reproduire en dépit des interdits qui s'y opposent,

 se fait valoir envers et contre tout (Geltungsdrang), est compulsivement poussé à se donner en spectacle (hy + :    "Sich-zur-Schau-Stellen") en se produisant comme "personnage" (k +) au sens du "Persona"  latin qui signifie "masque", le masque en question étant destiné à perpétuer l'image d'un corps glorieux, objet suffisant pour lui-même en même temps qu'objet manquant - "phallus" - pour l'autre. 

Les "poses" hiératiques du catatonique,  même si elles sont aujourd'hui devenues rares ( alors qu'elles étaient très fréquentes autrefois ), illustrent parfaitement cette compulsion du sujet à se produire comme statue de lui-même (k +). 

L'accent mis sur le narcissisme corporel, encore à l'abri de la castration, est ce qu'on retrouve au coeur de la mélancolie, des perversions, surtout masochiste et fétichiste,

 des traits caractériels les plus spécifiques en tant qu'ils ont un fondement traumatique-cicatriciel mais aussi, pour une part, dans la sublimation, dans la mesure où celle-ci vise à créer des objets dont la perfection est censée rejoindre la perfection inaltérée de l'imago spéculaire.  xxx

Les positions troisièmes vont dans le sens du refoulement à condition d'entendre celui-ci comme l'opération qui consiste à négativer l'imago spéculaire narcissique - imaginaire par définition - et à se détourner en bloc de tout ce qui est imaginaire en investissant préférentiellement la réalité matérielle (d +), en orientant la libido dans le sens de la domination des objets extérieurs au moi (s+), en maîtrisant les affects érotiques par le rejet de toute espèce de sentimentalité jugée ridicule (hy - ) et en privilégiant massivement la perception du réel extérieur qui devient l'étalon de toute réalité (k -) :    "Un fait vaut mieux qu'un "Lord-Maire").  Cette position peut être qualifiée indifférement de réaliste, légaliste, rationnelle ou "faitaliste". 

C'est la position que nous appelons névrotico-normale, celle qui prévaut absolument dans la période de latence et qui, ultérieurement, moyennant une certaine régression (passage de m - à m+), caractérise la plus grande partie de la population générale.  Comme c'est la disposition majoritaire que courtisent les média, il suffit d'ouvrir la télé pour s'en faire une idée. 

 

Les positions quatrièmes sont en rapport avec la sublimation dans le sens où la sublimation implique un certain détachement par rapport à l'ambiance (m -), une désexualisation avec un "transfert de passion" (h - ), un certain besoin de "réparation" comme l'a bien vu Mélanie KLEIN (e +) et la transposition du narcissisme primaire sur l'instance - narcissique secondaire - de l'idéal du moi ( p+). 

 

La sublimation, comme la clinique le montre si souvent, est proche de la psychose, dans la mesure où la désexualisation et le retrait de la libido objectale qu'elle implique, risquent toujours de déboucher sur le vide de la psychose qui peut se définir, sous ce rapport et selon le mot de Michel FOUCAULT, comme "absence d'oeuvre"[17]

Jean Mélon a proposé de calculer les proportions des quatre types de positions pulsionnelles, ce qui permet de se faire une idée de leur répartition quantitative, de "mesurer" leur poids respectif et d'élaborer à partir de là une typologie originale qui prend en compte (houdt rekening met) l'idée de destin pulsionnel. 

Selon que l'une ou l'autre des positions pulsionnelles première, deuxième etc.  .  .  est relativement majorée par rapport aux autres, on peut décrire quelques cas de figures simples qui correspondent à des tableaux cliniques facilement identifiables et structuralement organisés de manière bien différenciée:  

 

1.  Le tableau idéalement équilibré où toutes les positions se retrouvent en proportions égales:  

1 2 3 4

 

2.  Les tableaux gravement déséquilibrés dans les sens:  

 

        a)

1 2 3 4

où la dépendance extrême vis-à-vis des objets de l'environnement entraîne facilement des troubles de l'humeur et du comportement (thymo-psychopathies),

 

        b)

1 2 3 4

où la revendication narcissique est exacerbée, déterminant des conduites perverses ou affranchies de tout respect des limites, particulièrement sexuelles, l'intrusion étant la règle;c'est le cas dans la "folie" hystérique;

 

 

        c)

(1 2 3 4)

où le légalisme, le réalisme et la rationalité sont constamment invoqués, produisant le tableau classique de la "névrose de caractère" obsessionnelle;

 

        d)

1 2 3 4

où le positionnement est typiquement schizoïde, comme on peut le voir, surtout à l'adolescence, dans la "maladie d'idéalité", et chez beaucoup d'anorexiques mentales. 

 

 

3.  Les tableaux névrotico-normaux les plus fréquents, associant les positions:  

 

        a)

1 2 3 4

 

caractéristiques des sujets "adaptés" au sens de la socialisation commune, combinant la soumission aux interdits moraux  (hy - ),  le respect de la réalité  (k - ), l'investissement actif des objets du monde extérieur dans leur concrétude matérielle (d+ s+), la dépendance affective vis-à-vis des objets de soutien (m+), un fort besoin d'être aimé (h+), une intolérance à la frustration avec une propension à la rage (e - ) et la prévalence des idéaux collectifs concrets (p -) sur les idéaux de développement personnel dans le sens spirituel ou éthique du terme;

 

        b)

 

1 2 3 4

 

caractéristiques des sujets sublimés chez qui la désexualisation (h - s -) et le retrait hors-monde (d - m - ) sont compensés par le besoin narcissique de créer (k+p+) et l'exaltation passionnée des affects (e+ hy+);

 

 

        c)

1 2 3 4

 

conjoncture plus rare des sujets "obsessionnels" chez qui l'isolation entre la pensée et les affects a pour effet de "mentaliser" tous les problèmes, particulièrement ceux du contrôle de la réalité (k±), de la possession de l'objet (s±), de l'investissement des choses en général (d±) et de l'expression des affects (hy±). 

Fin Part 1

 



[1] Jacques Schotte.Recherches nouvelles sur les fondements de l'Analyse du Destin.Notes de cours 1975-76.Archives Szondi,Louvain-la-Neuve.Pour plus de détails sur la démarche de Schotte,voir Jean Mélon et Philippe Lekeuche,Dialectique des pulsions,3e éd.,Bruxelles,De Boeck Université,1990,pp.20-25.

[2]Léopold Szondi.Schicksalsanalytische Therapie.Bern,Hans Huber,1963,pp. 389-391.

[3]Jean Mélon.Le point de vue szondien sur la période de latence.Feuillets psychiatriques de Liège,13,140-159,1980.

[4]Susan Deri (1949).Introduction au test de Szondi.Traduction de Jean Mélon.Bruxelles,De Boeck Université,1991,pp.182-204.

[5]Sigmund Freud (1914).Pour introduire le narcissisme.In La vie sexuelle,Paris,PUF,1970,p. 98.

[6]Sigmund Freud (1923).Le moi et le ça.In Essais de Psychanalyse.Paris,Payot,1973,p. 200.

[7]igmund Freud (1921).Psychologie collective et analyse du moi.In Essais de Psychanalyse.Paris,Payot,1973,pp.     .

[8]Jean Mélon et Philippe Lekeuche."Dialectique...",op.cit.,p. 25.

[9] Les mérites de la mise au point de cette nouvelle méthode et de son élaboration théorique reviennent à Jean Marc POELLAER.

[10] Jean Mélon.Analyse du destin,psychanalyse et psychiatrie.In  Recherches théoricocliniques en Analyse du Destin,Cahiers des Archives Szondi,n° 7,Louvain-la-Neuve,Cabay,1984,pp. 85-129.

[11]Sigmund Freud(1915).Pulsions et destins des pulsions.In Métapsychologie.Paris,Gallimard,Idées,1968,p. 25.GW,X,p.219.

[12] La traduction française de "Wendung  gegen..." par "Retournement contre...",qui a reçu la bénédiction de Jean Laplanche et J.B. Pontalis ,n'est pas vraiment correcte  dans la mesure ou "Gegen",dans la langue allemande,a deux sens:"contre" et "vis-à-vis de".Quand à "Wendung",on ne peut pas raisonnablement traduire ce mot par retournement,qui évoque un peu trop le retournement du sadisme en masochisme."Wendung" évoque avant tout la notion de "tour"au sens de virage,de détour et de revirement beaucoup plus que de retournement.Donc,"Wendung gegen..." a fondamentalement chez FREUD le sens de se "retourner vers soi-même",où il n'y a primitivement aucune idée d'auto-agression mais beaucoup plus la notion de "tourner" la libido vers soi-même qui constitue l'essence du narcissisme.Ce que FREUD présente comme la deuxième destinée pulsionnelle possible est ,à n'en pas douter,celle du  narcissisme,d'autant plus que "Pulsions et destins des pulsions"(1915) est écrit dans la foulée de "Pour introduire le narcissisme" (1914).

[13] Michaël balint.Amour primaire et technique psychanalytique.Paris,Payot,1963.

[14] Michaël Balint.Le défaut fondamental.Paris,Payot,1967.

 

[15] Edmund Bergler (1949).Basic Neurosis.La névrose de base.Régression orale et masochisme psychique.Paris,Payot,1976.

[16] En allemand,"Halt" signifie aussi bien arrêt que soutien,appui,support,soutènement,tenue,cohésion,solidité...Le "Haltobjekt" est cet objet dont on a besoin pour s'arrêter ou se tenir debout,pour ne pas aller à la dérive ou s'écrouler.

[17] Michel Foucault.Histoire de la folie à l'âge classique.Paris,10/18,1961,pp.302-304.

"La folie est précisément l'absence d'oeuvre,la présence ressassée de cette absence,son vide central éprouvé et mesuré dans toutes ses dimensions qui ne finissent point....Là où il y a oeuvre,il n'y a pas folie; et pourtant la folie est contemporaine de l'oeuvre puisqu'elle inaugure le temps de sa vérité...."

© 1996-2002 Leo Berlips, JP Berlips & Jens Berlips, Slavick Shibayev